Qu’est-ce que le vêtement te raconte ? #floretricon

Flore Tricon comédienne

 L’histoire d’une comédienne


Flore est une artiste de théâtre. J’ai eu le plaisir de la rencontrer dans un train. Nous allions toutes deux à Mutinerie Village qui est un espace de co-working situé en pleine campagne. Après quelques échanges j’ai osé lui proposer de participer au projet Un look – Une femme – Une histoire. Dans cet écrit, elle expose et questionne avec ses propres mots la relation entre le vêtement, le corps et l’identité. Et si nous donnions un sens nouveau à l’utilisation des vêtements ?


Je suis comédienne, j’emprunte des identités différentes qui m’appartiennent, et s’éclairent sur scène le temps d’une phrase, d’un mouvement, pour disparaître à nouveau en coulisse. Derrière le plateau de théâtre je reprends possession de moi, marquée par les traces de costumes et de textes. Je ne suis plus tout à fait la même traversée par cette expérience là.

Flore Tricon comédienne à idiot collectif

La frontière est poreuse entre ce que je suis et ce que je joue à être, un habit porté sur scène ne peut plus devenir un habit quotidien. Dans la vie, quand je choisis des vêtements, je travestis mon corps, ce qui est à l’intérieur ne change pas mais j’oriente votre regard pour vous laisser penser que je suis vraiment cela. Je suis multiple, je suis plein d’histoires en même temps, je fais du théâtre pour les vivre, je les écris pour ne pas les oublier.

Dans la vie sociale, je suis caméléon. Enfant ce que j’aimais le plus était me déguiser, ne jamais mettre des vêtements coordonnés à la saison, je voulais être ce que j’avais envie au jour le jour. Encore aujourd’hui, sélectionner tel ou tel bout de tissus c’est imprimer ou colorer ma journée de telle manière qu’il ne se passera pas la même chose si je décide de m’habiller autrement. J’ai plusieurs apparences, et j’aime à penser que tout se renouvelle indéfiniment. Chaque jour, il y a une nouvelle chose à construire, ce n’est jamais tout à fait pareil.

Je ne dissocie pas mes engagements citoyens de ma pratique artistique. L’ensemble forme un tout. Une enveloppe avec ce que j’y mets à l’intérieur, ce que j’invente, ce qui me révolte, ce qui me met en action. L’uniformisation me fait peur, je suis en recherche permanente de ce qui peut pousser mes limites, m’ouvrir de nouvelles perspectives, de ce qui est différent de moi, j’aspire à tous ceux qui réfléchissent autrement. J’aime les épices, les voyages, les cultures différentes de la mienne. Je crois avoir autant de styles différents que ce que j’ai d’aspirations.

Flore Tricon comédienne

Aujourd’hui, j’en suis sûre, on ne peut plus avancer sans se remettre en question, il faut revoir ce que l’on pensait acquis. Nous ne pouvons plus être les consommateurs passifs de ce qui nous détruit. Nous avons changés d’ère, à nous d’imaginer comment construire la suite, comment la préserver, à nous d’oser changer de costumes, d’habitudes, peut-être faut-il revenir au dénudement.

Je souhaite à My Happy Style tout plein d’énergies positives pour continuer à voir de l’avant en faisant autrement, et vive les nouvelles alternatives !

Texte écrit par Flore Tricon d ‘idiot collectif.

Photos par Sarah Angèle

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